Les événements

INAUGURATION DU FESTIVAL AVEC LA FILLE DE L’AIR

Vendredi 11 à 19h30

La Fille de l'Air chorale mixte, féministe et militante, puise son répertoire dans les chants populaires, révolutionnaires, de lutte pour l'émancipation et la reconnaissance des peuples partout dans le monde , quelle que soit l'oppression .

 

 

CARTE BLANCHE AUX  "CAHIERS DU CINÉMA". 

Vendredi 11 – 21h – Salle 1 et Samedi 12 – 16h30 – Salle 1

+ Participation de Claire Allouche tous les jours

Quand on s'intéresse de près au septième art, rien de ce qui concerne l'actualité des "Cahiers du cinéma" ne demeure bien longtemps étranger. Et pour cause : depuis les mythiques Cahiers jaunes des années 1950 qui, sous la vigilance paternelle d'André Bazin, couvèrent la politique des auteurs et l'éclosion de la future Nouvelle Vague - ambition renouvelée toute la décennie suivante par le duo Comolli-Narboni, accompagnant l'efflorescence des nouvelles cinématographies mondiales et ouvrant au dialogue avec les sciences humaines -, au fil des générations et des équipes rédactionnelles, nombre d'adolescents (dont le provincial que je fus) sont entrés en cinéma comme on entre en religion par la lecture des "Cahiers". Cette expérience pédagogique est exemplairement relatée par Marcos Uzal, nouveau rédacteur en chef depuis juin : "Je lisais des articles sur des films dont je n'avais jamais entendu parler. L'exercice était beaucoup plus excitant que frustrant : en haussant la barre, cette revue m'engageait à aiguiser ma curiosité et elle démontrait que ceux qui la faisaient me traitaient d'égal à égal, m'offrant de me raccorder à une histoire qui deviendrait peut-être un jour la mienne". 

 

Depuis le déconfinement, une nouvelle rédaction anime désormais la revue, réussissant le tour de force, en dépit de la raréfaction des sorties, d'assurer deux numéros atypiques, éclectiques et stimulants, ouverts sur tous les possibles et arpentant tels des sourciers les lieux de notre présent à la recherche de ses rivières souterraines. A "Cap aux bords", nous le savons bien : depuis 20 ans au moins, le cinéma a quitté son lit. Nouvelles pratiques, nouveaux outils, nouveaux supports de diffusion, nouveaux usages collectifs ont fini par dessiner un paysage inédit, révélateur de cinéastes et d'artistes-filmeurs ayant choisi de créer hors-cadre plutôt que de produire hors-sol. Il était temps qu'un média d'envergure en prenne enfin toute la mesure. Dans son premier éditorial, Marcos Uzal écrit ceci : "Sans pour autant penser que la rareté est une valeur en soi, le désir de transmettre nous mène plutôt vers des œuvres oubliées et des cinéastes peu connus. Car notre rôle n'est pas seulement de commenter l'actualité officielle, mais aussi de prendre des chemins de traverse, de défricher des sentiers". Promesse tenue et qui fonde l'invitation que nous avons faite à ces Cahiers "nouvelle bouture" de vivre avec nous ces trois jours. Ainsi Claire Allouche, membre du nouveau comité de rédaction, animera-t-elle la soirée d'ouverture, y présentant un film chilien à peu près inédit en Europe, participant par ailleurs à l'ensemble des séminaires. C'est une grande joie pour nous de l'accueillir.

Patrick Leboutte. 

 

 

 

AU PETIT BAR DU BOUT DU MONDE

Vendredi 11 et Samedi 12 à partir de 23h – A la Cambuse

 

En mars dernier, aux premiers jours du confinement, le troubadour et colporteur de bonnes nouvelles Bruno Bouchard eut l'idée de rouvrir virtuellement le petit bar de Bulcy, bistroquet  sis dans le Nivernais que tenait jadis sa maman derrière son comptoir en Formica jaune. Le café comptait 8 fenêtres, il s'en souvient. Tout au long de ce printemps, chaque jour à heure fixe via sa page Facebook, des personnes ne se connaissant pas forcément mais qu'unissait un même amour du cinéma considéré comme art forain s'y sont donnés rendez-vous, sauvant du même coup leur journée de la grisaille. Originaires du Morvan, de Bretagne, de Liège, de Tarbes, de la Touraine ou du Lyonnais, ils ont fini par composer bien mieux qu'une clientèle d'habitués : une véritable troupe, se découvrant au fil des soirs des sentiments communs. En direct, Bruno faisait revivre les vieux vinyles du jukebox familial, ressortant même de son sac à malice quelques improbables scopitones tout en nous cuisinant de bons petits plats toujours mis dans les grands tandis que de notre côté, sur les claviers de nos smartphones ou de nos ordis, nous échangions d'étonnants commentaires, action directe, écriture automatique, vannes et tracas du jour confondus, faisant apparaître à la longue une carnavalesque galerie de personnages imaginaires : un énigmatique Monsieur Toulemonde, un inquiétant JLG1, un affolant JLG2 et même un Patman boutefeu. A la fermeture de notre guinguette préférée, pour cause de déconfinement et du besoin de Bruno d'aller voir enfin comment poussait l'herbe ailleurs, il nous avait fait cette promesse : "On le refera en vrai, pour de bon, en plus grand, y conviant tous ceux qui le voudront, avec en outre quelques surprises, tous acteurs dans un même espace commun, quand bien même nous ne nous serions jamais vus dans la vie d'avant". Parole tenue : ce sera à Sainte-Livrade, à l'occasion de "Cap aux bords", au petit bar du bout de la place, du côté de la Cambuse, avec la comédienne Bénédicte Loyen dans le rôle de Jelly Môme et en hommage à Philippe Stellati. 

Patrick Leboutte

 

EN ENTENDANT GODARD

Samedi 12 à 20h – Salle 1

 

Une ballade parlée entre Jean-Luc Godard et ses doubles, un dialogue improvisé entre le Maître qu'il se refuse à être et ses hologrammes imaginaires, forcément indisciplinés. Au menu, ce que sous couvert d'aphorismes l'original veut taire et ce que ses copies non conformes s'entêtent à lui redire : qu'aux yeux de beaucoup d'aspirants-cinéastes comme d'étudiants en cinéma, il aurait pu, il aurait du représenter l'aïeul rêvé. JLG 1 contre JLG 2 : un colloque de sourds? Nullement, plutôt une réflexion complice sur la transmission ou mieux encore la pédagogie des images, des voix et des sons. 

 

David Legrand est-il un imposteur ou, pour le dire de manière plus aimable, un imitateur de génie? Ni l'un ni l'autre évidemment ou alors un peu des deux, mais d'abord et de façon certaine l'incarnation poétique d'un Godard idéal. Cette performance inédite doit se vivre comme l'invention d'un instant-charnière, une tentative de confession entre un vieil original se délectant de mettre en scène sa propre extinction et la démesure d'un de ses doubles amoureux, luttant de toutes ses forces contre son inéluctable disparition. Ou pour le dire autrement : autoportrait contrarié de l'artiste David en ermite des bords du lac Leman avec ma participation dans le rôle secondaire d'un allumeur de réverbère, porte-parole d'une pensée en acte à la recherche des mots pour le dire. 

Patrick Leboutte 

 

 

 

CINEMA EN PLEIN AIR 

Samedi 12 à 21h30, place Castelvielh

Le film Tout simplement noir - Jean-Pascal Zadi et John Wax, France, 2020, 90’

Rire à nouveau, de bon cœur, et tous ensemble. C’est une des raisons du cinéma, et c’est ce que nous propose le film de Jean-Pascal Zadi qui réunit une sacrée brochette d’artistes pour faire passer le message : celui de rire, mais de s’interroger également. Sous forme de faux-documentaire, Jean-Pascal interprète JP, une sorte de clown presque militant qui veut faire carrière dans le cinéma, être bon père de famille, mais aussi haranguer les foules pour une marche antiraciste. Jouant des codes, riant de lui-même, et maîtrisant une belle palette d’acteurs et d’humour, l’équipe de Cap aux Bords vous propose de découvrir ce film sur le grand écran de la place CastelVielh.

 

 

CONCERT LES AMIS DE LADY CAROLINE

Dimanche 13 à 19h

 

Les bénévoles jouent un rôle essentiel à la vie de nos lieux culturels. Militants de la première heure, nos bénévoles continuent vaille que vaille à transmettre une forme d’engagement rare, généreuse hors système et donc admirable. Pour clôturer ce festival, des musiciens bénévoles au cinéma l’Utopie, regroupés sous le nom de Lady Caroline, accompagnera le coucher du soleil et la fin du festival devant le cinéma.

©2019 par Myriam Pascual. Créé avec wix.com pour Cap aux Bords