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Atelier de réalisation

"Passage à l'acte. Après tout, à quoi servirait-il de penser un cinéma de filmeurs et d'outils légers s'il ne s'agissait aussi d'encourager chacun à tenter l'aventure à son tour? On filme tous aujourd'hui et chacun possède son propre matériel, serait-ce un téléphone portable : victoire à la Pyrrhus des frères Lumière. Mais comment filme-t-on quotidiennement, dans quelle forme, pour quel usage ou pour qui? Dans quelle intention et depuis quelle expression de soi? Ces questions sont prioritairement celles du cinéma. Du 8 au 12 juillet, chaque après-midi, poursuivant l'expérience joliment menée l'an passé par  Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter, "Cap aux bords" propose un atelier de réalisation confié cette fois à un autre duo composé de Karine de Villers, cinéaste belge, et Mario Brenta, cinéaste italien, auteur d'une oeuvre considérable. Ils emmèneront ceux qui le voudront (novices, étudiants, habitants, tous à égalité) filmer sur les lieux-mêmes de Sainte-Livrade. A charge pour eux de nous présenter en soirée de clôture le fruit de leur travail sous forme d'un journal collectif, de simples plans ou de quelques séquences montées : nos actualités cinématographiques en quelque sorte. Ou pour le dire autrement : non pas la terre vue du ciel, mais les bruissements du monde saisis depuis une commune du Lot-et-Garonne"

Patrick Leboutte

 

Infos pratiques. L'atelier est limité à 15 personnes, à partir de 14 ans, sans limite d'âge ni pré-requis. A chacun d'amener son propre matériel : caméra légère, téléphone portable, appareil photo, IPad...

 

Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles.

 

 

Inscriptions par mail à l'adresse

capauxbords.cinema@gmail.com  

 

Mario Brenta

 

"L'histoire du cinéma est toujours à refaire, à refonder, à revoir entièrement quand elle nous laisse dans l'ignorance d'une filmographie aussi sublime que celle de Mario Brenta. Né à Venise le 17 avril 1942 (juste avant les débuts du néoréalisme dont il reste sans doute l'un des ultimes héritiers), cinéaste autodidacte au grand désespoir de son père (il fit d'abord des études d'ingénieur), ancien assistant de Luigi Zampa et d'Ermanno Olmi et cofondateur avec ce dernier d'Ipotesi Cinema, école sauvage et laboratoire de cinéma civique sur les hauteurs de Bologne, ses films égalent en force comme en beauté, par leur façon rigoureuse de raconter, par leur attention aux gestes, par leur art de saisir la face cachée des choses, ceux de Bresson et d'Antonioni. Certes, ses films sont rares, trois longs métrages de fiction seulement, puissamment travaillés par son regard documentaire - "Vermisat" (1974), "Maicol" (1988), "Barnabo des montagnes" (1994) -, mais à chaque fois ils ébranlèrent la critique aux festivals de Cannes ou de Venise où ils furent systématiquement sélectionnés. Qu'il filme la ville et ses périphéries - grands ensembles, couloirs du métro, espaces en friche suburbains - ou au contraire les Dolomites, à chaque fois nous subjugue son exceptionnelle qualité de regard et d'écoute, traitant de la solitude comme d'une épreuve nécessaire pour espérer percer un jour l'infini mystère du monde auquel se raccorder. Depuis vingt ans, Mario Brenta pratique un cinéma d'outils légers : carnets de notes ou de voyages, essais, réflexions filmées, tel un écrivain, suivant en cela l'évolution d'Alain Cavalier, son contemporain"

 

Patrick Leboutte

 

Pourquoi je filme, par Mario Brenta

"Nous sommes dans ce monde, nous lui appartenons et il nous appartient également.

Cette double appartenance réciproque passe le plus souvent par un échange de sentiments: nous regardons les autres, nous regardons les choses, le monde et, en même temps, ils nous regardent. Et c'est justement à travers le regard que nous avons des perceptions, des sensations, des émotions à partir desquelles nous développons des idées, des pensées, des concepts. Et si notre regard sur le monde, au lieu d'être porté à l'oeil nu, passe par le viseur d'une caméra vidéo et nous revient réfléchi, alors ce même regard n'est plus un geste quasi automatique mais devient plus intentionnel, conscient et par conséquent il nous conduit à avoir une vision plus attentive et plus lucide permettant de structurer nos sensations et nos pensées dans un discours qui s'adresse aux autres pour dire qui on est par notre vision du monde. Au fond, mettre en acte tout cela signifie faire un premier pas vers l'expérience cinématographique – c'est-à-dire, comme le suggère le mot « cinématographe » - vers une écriture par images et sons, vers le langage de la réalité même, cette réalité comme on vient de le dire dont nous faisons partie et qui en même temps nous appartient. Une expérience aventureuse et séduisante qui peut nous amener à une plus grande connaissance du monde et surtout de nous- mêmes "

 

Mario Brenta

 

Karine de Villers

 

"Née en 1965 à Quito (Equateur) de mère danoise et de père belge d'origine russe et azéri, Karine de Villers, anthropologue de formation, s'est retrouvée cinéaste sans y avoir pensé, en tout cas sans l'avoir prémédité, on pourrait presque dire sur un coup de dé : une rencontre, le prêt d'une caméra, le désir de présenter amoureusement les habitants de son quartier et sa sensibilité comme la justesse de son regard firent le reste - "Je suis votre voisin", son premier film devenu culte, obtint le Fipa d'or à Cannes en 1990 et je l'affirme sans hésiter, il reste (avec le "Babel" de Boris Lehman), le film le plus authentiquement et le plus sincèrement belge qui soit, un précipité de tendresse populaire et d'humour décalé, l'exemple même d'un geste cinématographique qui, à chacun, donne l'envie de filmer à son tour. Ensuite, elle s'occupa des autres, jeunes cinéastes comme elle, au sein du CBA, principal atelier de productions documentaires indépendantes en Belgique dont elle assura la diffusion des films tout en poursuivant son parcours de cinéaste cherchant à raccorder sa propre biographie à l'altérité de ceux qui l'entourent. Karine de Villers est une cinéaste écartelée entre de multiples cultures, mais tous ses films portent au loin la même douceur sauvage, celle du regard des chats".

 

Patrick Leboutte

 

Pourquoi je filme, par Karine de Villers

"Pourquoi je filme ? Parce que le cinéma est une solution au problème de la représentation. Il est le seul art où l'humain peut se représenter lui-même. En ce sens, le cinéma est un outil formidable qui m'aide à voir, à penser le monde et ceux qui l'habitent. Le cinéma est venu avec l'ethnographie. Avant cela, je n'y pensais pas beaucoup. J'ai appris le cinéma en le faisant. Ce qui a déclenché mon désir, c'est la rencontre avec l'autre. Plus encore, ce qui m'intéresse, c'est entrer dans la fiction de l'autre. C'est faire oeuvre ensemble. C'est le fameux potlach - système d'échange basé sur le don et le contre-don, mythe apache cher à Jean Rouch -, cet instant magique de l'aller-retour entre celui qui filme et celui qui est filmé. Un donnant-donnant car filmer, c'est regarder et en même temps être regardé. C'est être à la fois dans une liberté et une responsabilité totales. C'est se poser la question sans cesse de « Qu'est ce qu'on fait ? ». Filmer c'est donner corps comme une cellule vivante qui donne vie à des êtres, à des lieux qui vont se raconter à leur tour de manière organique entre réel et imaginaire".

 

Karine de Villers

Inscriptions par mail à l'adresse

capauxbords.cinema@gmail.com